Felicita Vintage

Felicita VintageMaisons › Martin Margiela

Martin Margiela, le vêtement qui montre sa fabrication

Une maison où l'envers passe devant, où l'étiquette ne porte aucun nom, et où un numéro entouré dit à quelle ligne appartient la pièce qu'on tient.

Maisons
À partir de 1988
Lecture 6 minutes

Ensemble noir, long gilet et robe, entre 1990 et 1991
Ensemble noir, long gilet et robe, entre 1990 et 1991Puck & Hans, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

En 1988, après le département mode de l'Académie d'Anvers et un poste d'assistant chez Jean Paul Gaultier, Martin Margiela fonde avec Jenny Meirens la Maison Martin Margiela. Le premier défilé a lieu en octobre de la même année.

Montrer les étapes au lieu de les cacher

La maison est connue pour sa démarche de déconstruction et pour son emploi de matériaux de seconde main ou de faible valeur commerciale. Les vêtements sont construits en étant décomposés : les doublures apparaissent, les coutures restent non finies, et les étapes de fabrication se voient, plis, épaulettes, patrons, toiles et fils de bâti.

Pour qui achète d'occasion, cette démarche a une conséquence pratique inhabituelle : un détail qui ferait passer une autre pièce pour défectueuse, une couture ouverte, un bâti laissé en place, une toile apparente, appartient ici à la conception. Le savoir-faire d'un examen ordinaire ne s'applique pas tel quel.

Ailleurs, un fil de bâti oublié est un défaut. Ici, c'est le vêtement.

L'étiquette blanche, et le numéro entouré

L'étiquette de la maison est blanche et porte une série de nombres de 0 à 23. Le numéro entouré désigne la ligne à laquelle la pièce appartient. Le 0 correspond à la ligne Artisanal, dont le principe est énoncé ainsi : des vêtements remodelés à la main pour la femme, ce qui dit à la fois le fait main et l'emploi de matériaux réutilisés.

C'est un système d'identification par la ligne et non par le nom, et il est utile exactement là où les autres maisons ne donnent rien : il indique le type de production sans qu'aucune marque n'ait à être lue.

Les repères vérifiables

  1. L'étiquette blanche, sans nom de marque imprimé.
  2. La série de nombres de 0 à 23, dont un est entouré.
  3. Le 0 entouré, qui désigne la ligne Artisanal.
  4. Les finitions ouvertes, qui relèvent de la conception et non de l'usure.

Ce que les musées en ont retenu

Le musée de la mode d'Anvers a consacré une exposition au vingtième anniversaire de la maison en 2008, puis une autre en 2017 sur ses années chez Hermès. Le Palais Galliera a présenté ses collections femme de 1989 à 2009. Ces bornes disent la période pendant laquelle les pièces qui circulent aujourd'hui ont été produites.

Pourquoi cette maison compte pour un magazine de vintage

Elle a fait du vêtement de seconde main et du matériau de faible valeur une matière première de création, à une époque où la mode allait dans le sens exact opposé. Une bonne part de ce que la seconde main revendique aujourd'hui a été formulé là, en atelier, dès la fin des années 1980.

À lire
ensuite