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La robe vintage, des années 70 aux années 2000

Une robe ancienne se juge à sa construction avant de se juger à sa couleur. Le sens dans lequel le tissu a été coupé, la présence d'une doublure et la quantité de tissu laissée dans les coutures décident de presque tout.

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Robe droite à ceinture, silhouette de 1981

Deux robes de la même année, dans le même tissu, ne se comportent pas pareil sur le corps si elles n'ont pas été coupées dans le même sens. C'est la première chose à regarder, et c'est la seule qu'aucune retouche ne pourra corriger ensuite.

Le droit-fil et le biais

Un tissu tissé a un sens. Coupé dans le droit-fil, il tient et ne s'allonge pas. Coupé en travers du droit-fil, dans ce que les couturiers appellent le biais, il s'étire et se drape naturellement sur le corps. Cette coupe est une technique ancienne, mise au point dans les années 1920 par Madeleine Vionnet et devenue courante dans les années 1930 pour des robes qui suivaient les courbes sans les serrer.

L'historienne du costume Betty Kirke a décrit la construction de ces robes : des carrés coupés dans le droit-fil, mais suspendus en biais, mis en forme à l'épaule et à l'ourlet, et assemblés à la main pour empêcher le tissu de s'étirer à l'assemblage. Le principe n'a pas changé depuis, et il explique pourquoi certaines robes tombent seules quand d'autres demandent des pinces.

Une robe coupée en biais ne se reprend pas comme une autre. Elle se reprend rarement.

La doublure dit le niveau de finition

Une doublure protège le tissu de l'extérieur du frottement et de la transpiration, cache les réserves de couture et donne du tombé. Elle n'est pas systématique, et son absence n'est pas un défaut en soi. Ce qui compte est la cohérence : un corsage doublé et une jupe doublée d'un tissu plus léger, comme l'organza, appartiennent à une construction pensée. Une doublure d'une matière moins noble que le dessus est une économie, et elle se voit.

Une doublure abîmée se remplace, à condition d'y mettre le prix d'un atelier. Un tissu de dessus abîmé, non.

Les six points d'examen d'une robe

  1. Le sens de coupe, testé à la couture latérale.
  2. La doublure, sa présence et sa matière.
  3. Les réserves de tissu dans les coutures, qui autorisent ou non un élargissement.
  4. La profondeur de l'ourlet, qui autorise ou non un rallongement.
  5. L'emplacement et le type de fermeture.
  6. Les dessous de bras, qui portent les traces que le reste ne montre pas.

Ce qui décide si une robe peut être reprise

Deux réserves déterminent tout le potentiel de retouche. Les marges de couture, c'est-à-dire le tissu laissé au-delà de la piqûre, autorisent un élargissement quand elles sont larges. L'ourlet, quand il est profond, autorise un rallongement. Une robe de série taillée au plus juste ne laisse ni l'un ni l'autre, et il faut le savoir avant d'acheter, pas après le rendez-vous chez la retoucheuse.

Une robe se rétrécit toujours plus facilement qu'elle ne s'agrandit. Une robe se raccourcit toujours plus facilement qu'elle ne se rallonge. La règle est banale, elle décide pourtant du prix qu'il est raisonnable de mettre.

Robe nuisette, silhouette de 1994

La fermeture, à regarder pour elle-même

L'emplacement de la fermeture appartient à la construction, pas à la décoration. Une ouverture placée au côté gauche est courante sur des robes anciennes ajustées, où la couture de dos était trop travaillée pour être fendue. Une fermeture posée dans le dos suppose une aide pour l'enfiler. Une robe qui se noue ou se croise ne pose aucune de ces questions, ce qui explique une bonne part de son succès dans les années 1970.

Ce que chaque décennie a laissé en robe

La période couverte par le magazine a produit quatre familles principales : les robes longues et imprimées du début des années 1970, la robe droite structurée des années 1980, la robe fluide sans structure des années 1990, et la robe ajustée à taille marquée du milieu des années 2000. Le contexte de chacune est raconté dans la rubrique des décennies, où ces vêtements sont replacés dans ce qui les a produits.

Une robe ancienne bien construite se porte sans précaution particulière. Les précautions concernent son rangement, pas son usage.

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