Felicita Vintage

Felicita VintageDécennies › Années 70

La mode des années 70 pour femme

Une décennie de bascule : la couture cède le pouvoir au prêt-à-porter, le pantalon entre au bureau, l'artisanat monte sur les podiums et le polyester envahit les penderies.

Décennies
1970 à 1979
Lecture 7 minutes

Ensemble jupe et blouse, 1975
Ensemble jupe et blouse, 1975Frank Govers, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

La décennie commence avec un renversement d'autorité. À partir des années 1970, le prêt-à-porter prend le pas sur la haute couture, et c'est de ce déplacement que découle presque tout le reste : les séries plus longues, les matières moins chères, les pièces conçues pour être portées plutôt que défilées, et le vestiaire dont on hérite aujourd'hui en seconde main.

Le pantalon devient une tenue ordinaire

Les femmes s'habillent en s'inspirant largement du vestiaire masculin, et le pantalon devient acceptable pour le travail comme pour les tenues habillées. Le tailleur-pantalon d'Ossie Clark pour Radley figure parmi les grands succès de vente du début de la décennie. Le mouvement n'est pas un caprice de podium : il change ce que les femmes portent au bureau, et il ne s'inversera pas.

En 1974, Bianca Jagger porte au Studio 54 un smoking blanc de Halston. La photographie circule, et elle installe une idée simple : le vêtement d'homme, coupé pour une femme, devient une tenue de soirée à part entière.

Ce que la décennie invente n'est pas une forme. C'est une permission.

L'artisanat monte sur les podiums

Le début de la décennie est marqué par des robes longues d'inspiration victorienne et hippie, et par des techniques que la couture n'avait pas l'habitude de revendiquer : patchwork, crochet, broderie, matelassage, feutrage, teinture, perlage, smocks, travail du cuir. Elles entrent dans les collections haute couture, avec leurs irrégularités.

La robe portefeuille lancée par Diane von Furstenberg en 1974 tient de la même logique : une coupe simple, un jersey imprimé, aucune fermeture compliquée. Plus de cinq millions d'exemplaires se vendent en deux ans. Une robe qui se noue plutôt qu'elle ne se ferme, c'est une robe qui s'adapte au corps sans passer par l'atelier de retouche.

Cinq marqueurs de la décennie

  1. Le prêt-à-porter devient le centre de gravité de la mode.
  2. Le pantalon entre au travail et en soirée.
  3. Les techniques artisanales sont revendiquées, pas cachées.
  4. Le polyester s'installe dans toutes les gammes de prix.
  5. Le denim quitte la contre-culture pour devenir un tissu de tailleur.

Le polyester, la matière qui date la décennie

La période est restée dans les mémoires comme la décennie du polyester. La fibre est partout, dans les robes imprimées comme dans les costumes de loisir, et elle explique une part de ce qui arrive jusqu'à nous : le polyester ne nourrit pas les mites et se froisse peu, donc il traverse cinquante ans mieux qu'une laine mal rangée. Pour la soirée, ce sont le satin, le velours et les paillettes qui dominent.

Le denim change de statut

Au début des années 1970, la contre-culture passe dans le courant dominant, et le denim passe avec elle. La toile devient un tissu de tailleur : en 1973, Bill Kaiserman signe sous le nom de Rafael un ensemble de loisir en denim délavé, veste et pantalon assortis. À la fin de la décennie, des maisons européennes comme Fiorucci lancent l'engouement pour les jeans italiens et français, taillés si serrés qu'il fallait s'allonger pour les fermer.

Combinaison en satin, silhouette de 1979

La rupture de 1974, à Londres

En 1974, Vivienne Westwood et Malcolm McLaren ouvrent au 430 King's Road une boutique nommée SEX, rebaptisée Seditionaries en 1976. Ils rejettent l'esprit hippie de la fin des années 1960 et habillent une jeunesse qui ne veut plus des robes longues. Caoutchouc, épingles de sûreté, chaînes, tissus déchirés : la décennie se termine sur une contradiction complète avec la façon dont elle avait commencé.

La fin de décennie, plus longue et plus souple

Les robes s'allongent et se font plus fluides, en remplacement des shorts très courts du milieu de la décennie. Le sportswear commence sa montée, avec des pièces qui viennent de la salle de danse plutôt que du salon : c'est le terrain que la décennie suivante occupera entièrement.

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