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Sonia Rykiel, la maille comme structure
Une maison qui n'a pas construit ses vêtements avec de la toile et des pinces, mais avec du fil. La maille y devient une matière de jour, pas un pull qu'on met par-dessus.
Maisons
À partir des années 1960
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Tout part d'une boutique de la rive gauche, ouverte dans les années 1950 par la famille Rykiel et nommée Laura. Sonia Rykiel commence à dessiner pour elle au début des années 1960, et sa maîtrise du tricot lui vaudra le surnom de reine de la maille.
Un pull dessiné pour changer une silhouette
Le vêtement qui l'installe est un pull très étroit, aux emmanchures hautes, coupé court à la taille pour donner l'illusion d'une jambe plus longue. Il est resté connu sous le nom de pull poor boy, et il compte parmi les dessins importants des années 1960.
Le détail à retenir n'est pas le style, c'est le raisonnement : la coupe est calculée pour modifier les proportions du corps, dans une matière souple qui n'a ni pince ni doublure pour tenir la forme. C'est de la construction, faite avec le seul tricot.
Une maille bien coupée fait le travail d'un tailleur, sans en avoir l'air.
Un vêtement sans heure de la journée
Son tailleur-pantalon de 1965, à coupe ample, fermeture boutonnée devant et poches plaquées, applique une idée qui traverse toute la maison : un vêtement ne se dessine pas pour une occasion ni pour un moment de la journée. C'est une position sur l'usage, à une époque où le vestiaire féminin était encore découpé en heures.
Ce qui circule aujourd'hui
- Des mailles de jour, pulls et robes, en laine ou en mélange.
- Des manteaux légers en mélange de lin et de fibre synthétique.
- Des pièces des années 1970 dont la coupe étroite est restée portable.
Ce que ça change quand on en trouve une
Une maille ancienne se juge autrement qu'un tissu. Le point doit être régulier et serré, le bord de côtes doit reprendre sa forme après étirement, et les zones de frottement, dessous de bras et coudes, montrent l'usure avant tout le reste. Une maille détendue ne se reprend pas : contrairement à une couture, il n'y a rien à reprendre.
Le musée métropolitain de New York conserve de la maison un manteau daté d'environ 1975, en mélange de lin et de fibre synthétique, et un pull en laine de 1974 à 1976. Ces dates donnent une idée de ce qui a été produit, et donc de ce qui peut se trouver.
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