Felicita Vintage

Felicita VintagePièces › Le manteau vintage

Le manteau vintage, ce qui se cache sous la doublure

Un manteau tient debout par ce qu'on ne voit pas. Entre le tissu de dessus et la doublure, il y a une charpente de toile et de rembourrage qui décide de la ligne, et qui vieillit à son propre rythme.

Pièces
Guide
Lecture 7 minutes

Veste longue aux hanches en astrakan beige mêlé, col rond et manches chauve-souris, 1988 ou 1989
Veste longue aux hanches en astrakan beige mêlé, col rond et manches chauve-souris, 1988 ou 1989Sonny couture, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Deux manteaux du même tissu, coupés au même patron, ne tombent pas pareil. La différence est intérieure : l'un porte une toile cousue qui donne sa forme au devant et au col, l'autre porte un entoilage collé qui remplit la même fonction pour moins cher. Le premier vieillit, le second se décolle.

L'entoilage, cousu ou collé

L'entoilage est la couche intermédiaire qui structure le devant, le col et les revers. Cousu, il reste solidaire du tissu et s'assouplit avec lui. Collé, il se sépare avec le temps et l'humidité, et la surface fait alors des cloques qui se voient en lumière rasante. C'est le défaut le plus fréquent et le plus définitif sur un manteau ancien.

La doublure n'est pas la finition du manteau. C'est le couvercle de sa charpente.

L'épaule, la têtière et le tombé de manche

L'épaule d'un manteau construit comporte une épaulette, qui donne la ligne, et une têtière, un rouleau souple posé en haut de manche qui empêche la couture de creuser. La têtière est invisible et c'est elle qui fait qu'une manche tombe rond au lieu de plisser. Sur une pièce ancienne, elle s'écrase, et la manche perd son galbe sans que rien ne semble cassé.

Une épaulette d'époque est cousue dans la construction : elle se sent sous la doublure et ne bouge pas quand on secoue le vêtement. Une épaulette qui glisse a été ajoutée ou s'est détachée, et elle se recoud pour rien.

Les six points d'examen d'un manteau

  1. Les revers en lumière rasante, pour l'entoilage.
  2. Le haut de manche, qui doit tomber rond et sans pli.
  3. La doublure au dos, sous l'emmanchure, où elle cède la première.
  4. Le pli d'aisance du dos, qui doit être libre et non recousu.
  5. Le poids en main, qui prévient de ce qu'il faudra porter.
  6. La suspension à l'essayage, en fermant les boutons et en marchant.

Le poids, un critère qu'on oublie en boutique

Un manteau d'hiver ancien pèse souvent plus lourd que son équivalent d'aujourd'hui, parce que la chaleur y était obtenue par l'épaisseur du drap plutôt que par un garnissage technique. Ce poids repose entièrement sur les épaules et se ressent après vingt minutes, pas dans une cabine d'essayage. C'est la première cause de manteaux magnifiques et jamais portés.

Les fourrures et les peaux lainées

Les pièces en astrakan, en mouton retourné ou en fausse fourrure demandent un autre examen que le drap : la souplesse du support, la tenue des poils à la traction douce, et l'état des coutures d'assemblage, qui sont nombreuses et courtes. Ce qui touche au cuir et à son tannage est traité dans la page consacrée à la veste en cuir.

À lire
ensuite