Felicita Vintage

Felicita VintageSavoir-faire › Les tailles et les mesures

Les tailles ne disent rien, les mesures si

Le nombre imprimé sur une étiquette ne décrit pas le vêtement. Il décrit un corps supposé, dans un système qui a changé plusieurs fois. Le centimètre, lui, ne change pas.

Savoir-faire
Mesurer
Lecture 6 minutes

Pantalon en tissu brun foncé, cintré, jambes évasées, entre 1970 et 1975
Pantalon en tissu brun foncé, cintré, jambes évasées, entre 1970 et 1975Cargelli, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

C'est l'erreur d'achat la plus fréquente en seconde main, et la plus évitable. Une taille n'est pas une caractéristique du vêtement : c'est une prédiction sur la personne à qui il devrait aller. Les normes internationales le disent explicitement, et cette phrase change tout dans la manière d'acheter.

Ce qu'une taille désigne vraiment

La norme internationale qui organise la désignation des tailles fixe un système destiné à indiquer au client, de façon simple et directe, les dimensions du corps de la personne à qui le vêtement est destiné. Le système repose sur les mesures du corps, pas sur celles du vêtement. Une première partie de cette norme définit les mesures anthropométriques et décrit le pictogramme qui les représente, une autre en établit les tables et les intervalles, une autre encore mesure le taux de couverture de ces tables, c'est-à-dire la part de la population réellement servie.

La norme européenne d'étiquetage des tailles suit le même principe : elle fonde l'étiquette sur les mesures du corps et sur des intervalles. Autrement dit, un fabricant décide quel corps il vise, puis coupe un vêtement qui devrait aller à ce corps. Deux fabricants qui visent le même nombre ne coupent pas le même vêtement.

Le nombre décrit une intention. Le centimètre décrit ce que vous tenez.

Les six mesures qui suffisent

Une pièce se mesure à plat, sans tirer, sur une surface dure. Les mesures de largeur se prennent d'une couture à l'autre et se doublent pour obtenir le tour. C'est la seule méthode qui donne un chiffre comparable d'un vêtement à l'autre.

Ce qu'il faut relever, à plat

  1. La largeur de poitrine, prise sous les emmanchures, doublée.
  2. La largeur de taille, prise à l'endroit le plus étroit, doublée.
  3. La largeur de hanches, prise à vingt centimètres sous la taille, doublée.
  4. La largeur d'épaules, d'une couture d'emmanchure à l'autre.
  5. La longueur de manche, de la couture d'épaule au poignet.
  6. La longueur totale, du haut du col ou de la ceinture au bas de la pièce.

Les pièges de la mesure

Une maille se mesure au repos, jamais étirée, parce qu'un tricot rend n'importe quelle mesure si on tire dessus. Un vêtement doublé se mesure sur le dessus, la doublure pouvant être coupée plus étroite. Une pièce coupée en biais donne une mesure à plat inférieure à ce qu'elle offre une fois portée, parce que le tissu s'allonge dans ce sens : la coupe explique la différence.

Enfin, une même pièce a pu rétrécir, et le lavage n'est pas le seul coupable. Les fibres gonflent et se rétractent avec l'humidité de l'endroit où elles ont dormi pendant trente ans.

Ce qui reste négociable après la mesure

Une pièce trop grande se reprend si les coutures portent assez de tissu en réserve. Une pièce trop petite ne s'agrandit que si cette réserve existe, et elle est rare sur une pièce de série. Ce point se décide avant l'achat, en retournant le vêtement.

À lire
ensuite